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Que se cache-t-il derrière les labels bio ?

Que se cache-t-il derrière les labels bio ?

Tu les vois de plus en plus dans les grandes surfaces, et pour cause : la France est aujourd’hui le troisième marché mondial du bio avec un chiffre d’affaires qui a augmenté de 13 % en 2017 (8 milliards d’euros). Nous sommes juste derrière les États-Unis (11 milliards) et l’Allemagne (9 milliards). Pourtant, sais-tu vraiment ce que signifie le label bio ?

Depuis 2010, le label AB français (à gauche) a aligné son cahier des charges avec celui du label européen de l’agriculture biologique (à droite). Les deux appliquent donc les mêmes règles dans la sélection des produits.

Quels sont les critères à remplir pour obtenir le label bio ?

Premièrement, il est interdit pour les exploitants d’utiliser des pesticides et des engrais chimiques de synthèse. Les OGM ne sont pas autorisés dans la culture bio, malgré une tolérance d’une contamination par les OGM à hauteur de 0,9 % des produits transformés. La mixité des productions bio et non bio est acceptée sous certaines conditions. Les produits transformés doivent contenir au moins 95 % d’ingrédients bio partant du principe que certains ingrédients ne sont pas disponibles en bio.

Jusque là, plutôt de bonnes choses. Mais plusieurs problèmes se posent.

Comme expliqué plus haut, la France est un très gros marché du bio, mais elle n’a pas la capacité agricole bio nécessaire pour subvenir à ses besoins. Rien qu’en termes de fruits et légumes, nous importons la moitié des produits bio consommés ! Pas terrible pour notre empreinte carbone… Selon l’ADEME, un fruit hors-saison bio importé par avion entraînerait la consommation de 10 à 20 fois plus de pétrole que le même fruit produit localement et acheté en pleine saison.

Et ce n’est pas tout, comme l’indiquait le 21 novembre au Parlement européen Angélique Delahaye, député européen, de nombreux produits biologiques produits hors de l’UE sont commercialisés en Europe. Se pose alors la question des normes à leur imposer. Il existe deux solutions : l’équivalence, pour laquelle on va se servir des normes bio du pays de production d’aliment, ou la conformité. Dans ce cas, on demande au producteur d’appliquer les règles du label européen. « Dans les faits, la conformité n’a jamais été mise en place. Seule l’équivalence est utilisée. Or, cette dernière permet l’utilisation de produits, de techniques de production, interdites au sein de l’Union européenne, non seulement en agriculture biologique, mais parfois aussi en agriculture conventionnelle. Ce que dénonce régulièrement les membres du Collectif pour la conformité ». En effet, tu peux facilement imaginer que les normes de l’agriculture bio chinoise ne sont pas vraiment les mêmes que chez nous… C’est donc une chose dont il faut se méfier quand on achète des produits exotiques notamment, ou des produits rares dont nous sommes friands mais qui ne sont au final quasiment pas produits en Europe tels que la spiruline.

Enfin, obtenir le label bio a un coût notamment à cause des contrôles annuels qui doivent être réalisés dans les exploitations. Ce coût défavorise les petits producteurs qui parfois ne peuvent pas se permettre cette dépense supplémentaire, bien que des aides existent pour les soutenir. Et bien entendu, ce prix favorise les plus grosses entreprises. Un vrai casse tête…

Alors, comment faire ?

Un article de Natura Science détaille les différents labels à ta disposition. De nombreux ont en effet été créés par des regroupements d’agriculteurs estimant que la réglementation européenne était trop laxiste. Quand tu fais tes courses, essaie de vérifier sur le label biologique européen l’origine des produits : UE ou NON-UE. S’il est noté non UE, mieux vaut être vigilant et chercher un équivalent européen. Ma posture sur ce sujet est de privilégier le local et aller vers des producteurs dont tu connais les pratiques, sur les marchés par exemple.

Des changements à venir

Mais tout cela va changer d’ici 2021. Le nouveau règlement européen abolit les accords d’équivalence avec des pays tiers. De plus, les contrôles seront plus souples et un système de confiance sera instauré pour les producteurs ayant déjà démontré leur application sérieuse des règles bio. Ils auront jusqu’à 24 mois pour effectuer un nouveau contrôle. Les certifications de groupe seront également possibles, là encore pour réduire les coûts, et des bases de semences nationales seront créées. Une belle avancée même s’il reste beaucoup à faire.

N’hésite pas à partager tes impressions ou à nous poser des questions en commentaires !

Vérane



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