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Notre réaction à l’article de Libé

Notre réaction à l’article de Libé

Comme nous, tu as sûrement lu ou vu passer la fameuse tribune de Libération publié dimanche au sujet des véganes. Si ladite publication a littéralement enflammé les réseaux sociaux et déjà fait réagir un certain nombre d’acteurs, dont par exemple l’association L214 ou l’auteur Aymeric Caron, l’équipe de World Wide Vegan a absolument tenu à s’exprimer sur le sujet.

Car bien que nous soyions tolérantes et ouvertes à la discussion, il y a certaines choses que nous ne pouvons pas tolérer, notamment, le manque d’objectivité et l’agressivité des propos des trois auteurs de cet article. Car pour nous, être végane, ce n’est pas avoir raison sur tout, mais simplement avoir fait un choix de vie qui nous semble juste, pour nous et pour le monde qui nous entoure.

Nous avons donc souhaité revenir sur certaines phrases, qui nous ont particulièrement hérissé le poil…

Ah oui et une dernière note avant de commencer. Soulignons que deux acceptations du terme sont correctes : « végane » si l’on prend le terme francophone ou « vegan » si l’on opte pour la version anglophone.  Le mot « végan » lui, n’existe pas. A bon entendeur…

« Manger de la viande a toujours fait partie de l’histoire humaine »

Ce n’est pas pour donner des cours d’histoire, mais il s’avère que le régime des hommes de Paléolithique était majoritairement composé de plantes, de graines, et de noix. Pour cause, vous imaginez bien qu’il n’était pas si facile de chasser un animal pour avoir de quoi manger de la viande à tous les repas. En tout cas, c’est ce que révèlent les résultats d’une étude réalisée par une équipe de chercheurs israéliens et publiée dans la revue scientifique Proceedings of the National Academy of Sciences en novembre 2016.

Ainsi d’après les propos d’un des auteurs de l’étude, le Pr Naaama Goren-Inbar, recueillis dans un article du Science Post publié en décembre 2016, « le régime alimentaire des humains d’aujourd’hui est beaucoup plus restreint que celui des premiers chasseurs-cueilleurs ».

« Les véganes vont sauver les animaux »

Il est vrai que les animaux et les hommes vivent ensemble depuis des millénaires, que nous les avons peu à peu apprivoisés. Mais face à l’attribut de l’Homme qu’est la conscience ainsi qu’aux moyens sophistiqués que celui-ci a pu inventer pour maîtriser ses pairs, aurait-il pu en être autrement ?

Quant à l’affirmation selon laquelle les animaux « ne demandent pas à être libérés (…) Ils ne demandent pas à retourner à la sauvagerie, (…) demandent à vivre avec nous (…) à vivre une existence intéressante, intelligente et digne », à vrai dire, personne ne parle le langage des animaux pour pouvoir en tirer des conclusions. Mais une chose est sûre, aucun être vivant n’aspire à la douleur et au confinement, et c’est contre cela avant tout que les véganes militent.

En soi, le problème n’est pas tant la consommation de produits d’origine animale en elle-même, mais plutôt sa surconsommation.  C’est d’ailleurs pour cela que nous avions mentionné dans un précédent article que le régime le plus respectueux de l’environnement était le régime locavore, qui n’exclut donc ni la viande ni les produits laitiers.

« Le véganisme va nous sauver de la famine »

A vrai dire, il ne s’agit pas du propos des véganes. Les véganes pensent seulement que si les pâturages et les terres arables utilisés pour nourrir les animaux d’élevage – c’est à dire 80% des terres agricoles mondiales à ce jour, selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture – étaient exploitées pour nourrir les hommes, on pourrait potentiellement – je dis bien potentiellement – nourrir tous les hommes souffrant de famine et de malnutrition, soit 1 personne sur 9.

« Manger végan, l’absolu des régimes «sans», c’est se condamner à ingurgiter beaucoup de produits transformés, c’est-à-dire des assemblages de molécules pour mimer ce qu’on a supprimé. (…) ce mouvement nous met encore plus dans les serres des multinationales et accroît notre dépendance alimentaire et notre aliénation. »

Mis à part la B12, qui, il est vrai, ne se trouve que dans les produits d’origine animale et est indispensable pour tous les véganes (et tous les êtres humains soit dit en passant), nous ne voyons pas en quoi un végane serait amené à consommer plus de produits transformés qu’un omnivore. Au contraire, le fait d’être végane a plutôt tendance à encourager les personnes concernées à apprendre à cuisiner afin de veiller à avoir des apports nutritionnels suffisants, et de remédier à une offre végane encore insuffisante et onéreuse.

En définitive, il y a certains points sur lesquels nous sommes d’accord avec Paul Ariès, Frédéric Denhez et Jocelyne Porcher, mais ne réduisons pas les véganes à une secte de gens prétentieux et écervelés. Je trouve cela fou qu’un mode d’alimentation et style de vie – qui relève d’un choix personnel – puisse provoquer autant d’émulation et de réactions défensives chez des individus. Plutôt que de condamner les choix d’autrui, est-ce que chacun ne devrait pas commencer par se questionner sur ses propres habitudes ? Et si les réactions face au mode de vie végane sont si virulentes, n’est-ce pas le signe que le mode de vie consumériste occidental actuel dérange nos consciences ?

Nous vous laissons méditer sur tout ça, en attendant toute cette violence gratuite nous a donné faim : ça vous dit une mousse au chocolat cruelty-free ?



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